
Vérifier qu’un médecin formé à l’étranger exerce légalement en France ne se résume pas à chercher un numéro à neuf chiffres dans un répertoire. Depuis la migration progressive du répertoire ADELI vers le RPPS, les repères ont changé. Le numéro ADELI seul ne suffit plus à garantir l’authenticité d’un praticien, et la bonne démarche de contrôle repose désormais sur le croisement de plusieurs identifiants officiels.
ADELI ou RPPS : quel identifiant vérifier pour un médecin étranger
| Critère | ADELI | RPPS |
|---|---|---|
| Format | 9 chiffres (département + code profession + numéro d’ordre) | 11 chiffres, identifiant national unique |
| Statut actuel | En cours d’extinction pour les professions médicales migrées | Référentiel actif, alimenté par l’Agence du Numérique en Santé |
| Professions couvertes | Professions non encore migrées (psychologues, diététiciens, ostéopathes, etc.) | Médecins, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers et professions progressivement migrées |
| Vérification publique | Consultation possible auprès de l’ARS du département | Annuaire Santé (annuaire.sante.fr), accès libre |
| Fiabilité pour un médecin | Obsolète pour la plupart des médecins | Seul identifiant à jour pour les médecins en exercice |
Pour un médecin diplômé à l’étranger, la migration vers le RPPS signifie que l’Annuaire Santé est le point d’entrée prioritaire, pas la recherche d’un ancien numéro ADELI. Si le praticien n’apparaît pas dans le RPPS, la question n’est plus de savoir si son numéro ADELI est authentique, mais s’il dispose bien d’une autorisation d’exercice valide.
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Avant de poursuivre vos vérifications, il est utile de comprendre la procédure complète pour contrôler un numéro Adeli en France, notamment les étapes spécifiques aux diplômes obtenus hors de l’Union européenne.

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Autorisation d’exercice : le préalable que le numéro seul ne prouve pas
Un médecin étranger peut détenir un diplôme parfaitement authentique sans pour autant avoir le droit d’exercer en France. Le numéro ADELI ou RPPS ne remplace pas l’autorisation d’exercice délivrée par les autorités compétentes.
Le parcours administratif diffère selon l’origine du diplôme. Pour les praticiens diplômés dans l’Union européenne, la reconnaissance repose sur les directives européennes de reconnaissance mutuelle. Pour ceux diplômés hors UE, la procédure passe par une commission d’autorisation d’exercice, sous l’égide du ministère de la Santé.
Ce que la procédure d’autorisation implique concrètement
- Le praticien doit fournir ses diplômes originaux, traduits et authentifiés, à l’ARS de son lieu d’installation prévu.
- Un passage devant une commission vérifie la conformité de la formation au regard des exigences françaises, avec parfois des épreuves complémentaires pour les diplômes hors UE.
- L’inscription au tableau de l’Ordre des médecins est obligatoire avant tout exercice, conformément à l’article L4111-1 du Code de la santé publique.
- L’enregistrement au RPPS n’intervient qu’après validation de l’ensemble de ces étapes.
Un numéro présent dans l’Annuaire Santé confirme que cette chaîne administrative a été bouclée. En revanche, un praticien qui communique un numéro ADELI isolé, sans apparaître dans le RPPS ni au tableau de l’Ordre, présente un signal d’alerte.
Croiser les identifiants : la méthode fiable pour détecter une fraude
La vérification par un seul numéro expose à des failles. Un numéro ADELI peut avoir appartenu à un professionnel qui a cessé son activité, ou être attribué à une profession différente de celle revendiquée. La cohérence entre plusieurs données officielles est le vrai test de légitimité.
Les points de contrôle à croiser
L’Annuaire Santé sur annuaire.sante.fr affiche, pour chaque professionnel enregistré, son identité civile, sa profession déclarée, son mode d’exercice (libéral, salarié, mixte) et son lieu d’exercice. Comparez ces informations avec ce que le praticien vous communique.
Le tableau de l’Ordre des médecins constitue une source indépendante. Chaque conseil départemental tient à jour la liste des médecins autorisés à exercer dans sa juridiction. Un médecin absent du tableau de l’Ordre n’a pas le droit d’exercer, quel que soit le numéro qu’il présente.
L’ARS du département reste le dernier recours en cas de doute. Elle peut confirmer si un praticien a bien fait l’objet d’un enregistrement et si son autorisation d’exercice est toujours valide.
Signaux d’alerte concrets
- Le numéro communiqué comporte un code département qui ne correspond pas au lieu d’exercice annoncé.
- Le praticien ne figure ni dans l’Annuaire Santé ni au tableau de l’Ordre, mais affirme exercer depuis plusieurs années.
- La profession associée au numéro ADELI (visible par les deux chiffres en position 3 et 4) ne correspond pas à celle de médecin.

Téléconsultation et exercice à distance : un angle mort du contrôle
Le développement de la téléconsultation a rendu la vérification plus difficile. En consultation physique, le patient peut repérer l’affichage obligatoire du diplôme et du numéro d’enregistrement dans le cabinet. À distance, ces repères disparaissent.
Les plateformes de téléconsultation sérieuses vérifient elles-mêmes l’inscription RPPS des praticiens référencés. Un médecin étranger proposant des consultations en dehors de toute plateforme identifiée, sans numéro RPPS vérifiable sur l’Annuaire Santé, représente un risque accru.
Le réflexe reste le même : avant toute consultation, saisissez le nom du praticien sur annuaire.sante.fr. L’absence de résultat ne signifie pas automatiquement une fraude (un retard administratif reste possible), mais elle justifie de suspendre la démarche et de contacter l’ARS compétente.
La transition d’ADELI vers le RPPS a simplifié l’accès à l’information pour le grand public, à condition de savoir où chercher. Pour un médecin étranger exerçant en France, le numéro ADELI seul est un indicateur obsolète. Le vrai contrôle passe par l’Annuaire Santé, le tableau de l’Ordre et, en cas de doute persistant, un contact direct avec l’ARS du département d’exercice.